Petit coup de blues ce soir…
Je suis à J-8 de mon départ. Alors avant que je n’en écrive plus, qu’on se mette bien d’accord, je ne suis ABSOLUMENT PAS triste de partir. J’attends ça depuis 2 ans et 4 mois que je suis rentrée en France, j’ai tout misé sur ce nouveau départ que ce soit d’un point de vue financier ou projet professionnel et je ne le regrette pas une seconde.
Mais force est de constater que je me sens un peu triste de quitter famille et amis.
La première fois j’avais déjà été triste, mais pas à ce point. Car c’était « seulement » un an, car j’étais fine excitée en tant que première fois, parce que je partais pas seule mais que mon meilleur ami partait dans la même université que moi, parce que la ville d’Osaka est ma ville coup de coeur, etc.
Là je pars complètement seule, pour minimum un an et trois mois. Mais le but est quand même – si tout se passe bien et que je ne change pas d’objectif en cours de route – de ne pas rentrer et faire ma vie là bas.
Cette fois si ce n’est pas une simple année en échange, je vais devoir me battre pour réussir mes projets, travailler à côté des études, et puis me rebâtir toute une vie sociale sur Tokyo.
Tout le monde me demande ce qu’est exactement ce que je vais faire une fois à Tokyo, pourquoi je repars alors que j’ai déjà validé un Bac+5, j’ai déjà passé un quart de siècle sur les bancs de l’école, pourquoi est-ce que j’y retourne.
Le fait est que j’ai un projet, qui marchera ou non, mais que pour l’instant j’ai envie de garder pour moi, que je n’ai pas envie d’expliquer. Car comme j’en parlais il y’a peu avec les personnes au courant, mes idées « ne rentrent pas dans des cases ». Donc je n’aime pas expliquer mes projets. Pas que je prenne les gens pour des imbéciles en pensant qu’il ne vont pas comprendre l’essentiel de l’idée, mais c’est juste que comme tout ce que j’entreprends n’est pas toujours conventionnel et donc qu’il n’y a aucune garantie que ça marche, je préfère en parler une fois que ça marche bien. Et non pas crier à corps et à cris « Je vais faire ça ! » et me viander comme une mierde.
Donc résultat, quand on me demande pourquoi je pars, je réponds par des fausses réponses, pas des mensonges mais des réponses vagues pouvant être tout et n’importe quoi. En voyant que j’ai l’air de ne pas trop croire en mes réponses, l’interlocuteur ne s’investit donc pas plus dans la conversation.
Bref, donc même si je n’entre pas trop dans les détails, cette année est pleine d’enjeux pour moi. J’ai beaucoup investi, et maintenant il faut que j’assure sur place pour rentabiliser et réussir le pari que je m’impose.
Donc j’ai la pression.
Et dans les moments de pression, même si on ne peut compter que sur soi même, même si la réussite ne tiendra qu’à moi, et ben on a quand même besoin de la présence des gens qu’on aime autour de soi.
Cette fois je vais partir plus longtemps, dans une usine à humain qu’on appelle Tokyo et où tout est hors de prix alors que je n’aurai aucune bourse, que je ne sais pas si je rentrerai, que je devrai assurer cours, rentrée d’argent et mise en place de mon projet et le tout sans personne à mes côtés.
Donc j’avoue que cette fois, je me sens un peu plus triste que la dernière fois de quitter les gens et de me sentir loin de famille / amis.
A contrario, les gens ont l’air moins triste que la dernière fois… Habitués à mes départs, beaucoup me souhaitent « Bon vent » l’air détaché et sans chercher plus loin.
Alors que j’avais envie de profiter de certaines personnes, ils semblent qu’elles me voient déjà parties et ne cherchent pas plus que ça à profiter de ma présence.
Et j’avoue que ça me fait mal. Car finalement je n’aurai rien fait de spécial avec personne (ou peu), et que nombreux sont ceux que je n’aurai même pas vu ou alors en coup de vent.
Quant à la famille, même si je ne suis peut être pas la première à prendre contact et faire la conversation, les liens du cœur n’en sont pas moins là, et je regrette un peu la famille « qui ne se voit jamais » qu’on est devenu. Je vois les gens une fois par an, résultat quand je les vois je ne sais plus quoi dire et au final j’ai l’impression d’être étrangère au milieu des personnes qui sont censées être les plus proches de moi.
Et moi qui suis chiffonnée à l’idée de peu les voir, d’encore moins les voir bientôt, l’au revoir se solde juste par un « Bonne chance au Japon », une bise et ciao.
Bon ce n’est pas le cas avec tout le monde, faut pas que je fasse ma mal aimée non plus, :p
Bref, j’attendais peut être plus de personnes proches avec qui j’avais envie de profiter des derniers moments ensembles. Mais dans la plupart des cas, on ne cherche pas spécialement à passer me voir, où à me téléphoner ou prévoir quelque chose de spécial avant départ. Bon d’accord, je ne montre pas spécialement que c’est ce que j’attends mais bon.
Pas que je réclame des pleurs, un tapis rouge, un lancé de riz et une banderole à mon nom tirée par un avion dans le ciel, mais je sais pas… Ça me fait juste réaliser qu’on fait tous notre petite vie dans notre coin et que le fait que je sois là ou non ne change pas grand-chose pour beaucoup de monde. Le quotidien restera le même.
Moi je ne perds pas une seule personne, mais tout le monde. Tous mes repères d’un coup, et même si c’est pour aller là où je veux et que je ne changerais d’avis pour rien au monde, ça fait mal de voir qu’on en souffre plus que les autres pour qui la vie continue comme si de rien n’était.
Voilà, c’était mon petit coup de blues du jour.
Après une fois sur place j’aurai un million de choses à faire pour atteindre mon (mes) buts et n’aurai certainement plus le temps de m’apitoyer sur mon sort de calimero de seconde zone.
Et pour illustrer ce post, je choisirai ma chanson du moment plutôt qu’une image
Il faut vraiment que je me mette ABSOLUTELY au coréen !