Bon, et si je bloguais ?
Tout d’abord je remercie toutes les âmes qui sont revenues bien volontiers se perdre ici, malgrés mes symptômes aigus de David Copperfilie (soit tendances à disparaître, je n’ai pas besoin de vous le traduire…si ?).
Et merci x2 à tous les mega-gentils (sauf la pustule qui ne fait que m’embêter) qui commentent, j’aime bien lire vos bafouilles après mes blablas.
Et crotte à tous les autres car les absents ont toujours tord, et toc.
D’ailleurs avant de poster j’ai fais un petit état des lieux du blog. Mine de rien ceci est le 51ème post et mes gribouillons ont dépassé les 450 commentaires… Pour quelqu’un qui abandonne toujours ses blogs au bout de 4 billets, c’est pas mal… même si ce n’est pas régulier mais ça on s’en fout, je fais ce que je veux d’abord.
Bref, à la personne qui écrira le 500ème commentaire, j’envoie en guise de cadeau un magnifique paquet d’épinards customisés à l’iode et césium, cultivés à quelques dizaines de kilomètres de chez moi.
Qui sera l’heureux gagnant, le suspense est à son comble…
Un an de vie à rattraper (on verra si j’arrive à tout vous raconter sans redisparaître, je prends les paris), je vais essayer d’aller dans l’ordre et pas vous perdre en route.
Donc aujourd’hui pour commencer j’ai décidé de vous parler de mon école et notamment de la business class dans la mesure ou au tout début de mon séjour je n’avais pas d’autres activités à part l’école.
Comme je vous en avais parlé l’an dernier quand j’écrivais encore régulièrement, j’avais réussi à entrer dans les classes de niveau avancés et donc les cours n’ayant lieu que le matin.
Les cours se terminent à 12h40 et sont divisés en 4h. Les deux premières heures se passent avec notre classe principale, soit les personnes ayant eu un résultat similaire au test de niveau afin que les écarts ne soit pas important entre les personnes de chaque classe et que tout le monde puisse avoir un cours à son niveau et lui permettant de progresser.
Chose qui manquait cruellement à Osaka puisqu’à mon arrivée j’avais a l’époque un japonais plutot basique et me retrouvais en cours avec des allemands dont certains étaient grands débutants et des chinois/coréens complètement bilingues… Je me souviens avoir eu à rédiger dès les premières semaines un rapport de trois pages sur le trafic d’organe alors que j’avais à peine le niveau d’une conversation quotidienne…
Bref.
Ces deux premières heures se basaient généralement sur de la grammaire, lecture et compréhension de texte, débats en groupe, rédactions, exposés divers, travail en binôme, etc.
On sortait enfin des sentiers battus, ces fameux sujets sur le Japon tout trouvés qu’on retrouve dans CHAQUE manuel de Japonais, pour aborder des sujets un peu plus profonds comme la place de la femme dans la société japonaise actuelle, l’écologie et ce que fait (et ne fait pas…) le pays pour protéger notre petite planète, les aménagements pour handicapés etc…
Enfin on sort des temples, du bushido vulgarisé pour « tout public », des japonais polis et autres clichés réchauffés des cours de Japonais que je me tape depuis des années.
Pas que parler de l’amour des Japonais pour les fleurs de cerisiers me gave, j’attends moi-même avec impatience chaque année le mois d’avril pour aller voir les sakura, mais cela reste des clichés archi-connus dont c’est sympa d’en parler AU DÉBUT de son apprentissage, pas après un master de Japonais.
Cette fois on parlait de sujets actuels et sur lesquels on pouvait débattre plus profondément que sur le fait que les Japonais mangent des sushis.
Le seul sujet non abordé étant la Seconde Guerre Mondiale, pour des raisons évidentes et assumées, « pas de tension pendant les cours ».
Il y’a généralement trois profils d’étudiants parmi les personnes entrant dans ce genre d’école.
1) Ceux qui veulent apprendre le Japonais puis retourner dans leur pays pour l’utiliser comme arme afin de trouver un travail plus rapidement, 99% des élèves étant des asiatiques dont l’économie du pays est dépendante de l’échange avec le Japon.
2) Ceux qui sont venus pour tenter leur chance et trouver un travail ici (et les gens qui suivent m’auront reconnue ici).
Mais surtout et en grande majorité, 3) ceux qui veulent intégrer une université japonaise et obtenir des diplômes dans le supérieur au Japon. Sachant qu’au Japon l’entrée à l’université se fait sur examens connus pour être difficiles, si un étrangers veut entrer dans une université Japonaise, à moins qu’il vienne en échange universitaire comme c’était mon cas à Osaka, il sera logé a la même enseigne que les Japonais et devra passer tous ces examens d’entrée.
D’où un contenu de cours un peu plus évolué que ce que j’ai l’habitude de voir, histoire de former les étudiants à être capables de disserter sur des phénomènes de société typiquement Japonais ou avoir plus de répondant lors des entretiens.
Bref, je trouvais ces cours bien menés et efficaces car finalement en 4h par jour seulement j’ai beaucoup appris, bien plus qu’en deux années de master en tous cas (où j’ai plutôt régressé en fait).
La seule chose dérangeante étant les travaux de groupe… Les Chinois restant entre Chinois et Coréens entre Coréens, on avait souvent tendance à faire comme si je n’existais pas et continuer à parler dans sa propre langue. Si les premiers mois j’ai fais des efforts pour établir un échange, après je suis passé à l’indifférence et restais dans mon coin.
J’ai eu quelques amitiés éphémères, des gens venant discuter avec moi quelques fois par curiosité pour ne plus jamais revenir… Mais ça, mes amis aux yeux bridés me l’ont fait tant de fois ces dernières années que ça ne m’atteint plus beaucoup, je les regarde défiler en espérant vaguement une amitié puis hausse les épaules si je ne les revois pas.
Les deux dernières heures de la matinées sont des cours où les classes se mélangent et où on choisit les matières selon nos objectifs et nos goûts. A chaque début de trimestre on a une liste de plusieurs dizaines de cours différents et on est libre de choisir et se créer son petit planning de la semaine.
Il y’en a vraiment pour tous les goûts, lecture de roman à l’eau de rose (j’ai failli le prendre d’ailleurs :D), perfectionnement de l’écrit, histoire japonaise, apprendre à écrire un courrier officiel, entraînement à écrire des cv et passer des entretiens pour obtenir un baito (petit boulot pour se faire de l’argent, retenez ce mots les non japonisants, c’est un ordre !), révisions de kanjis, préparation au 1kyu écrit, 1kyu oral etc…
Et aussi une liste de cours « loisirs » pour apprendre le Japonais en s’amusant. Et là vous avez apprendre le Japonais en « Séries télé » , « Films » , « Manga », « Animés », « Tourisme » , « Faire la cuisine » et j’en passe.
En tout il y’avait tellement de cours différents et pour tous les goûts (même préparation au TOEIC pour apprendre l’anglais en même temps que le Japonais) qu’il serait impossible de tous vous les dire, d’autant plus que d’un trimestre à l’autre de nouveaux cours faisaient souvent leur apparition suivant la saison ou l’idée des élèves.
Une seule règle : ne pas prendre plus de trois cours loisirs sur la semaine, soit au moins deux sérieux.
Avant d’entrer dans une école de langue, j’ai regardé des dizaines et des dizaines de sites d’écoles pour comparer les styles d’apprentissages et possibilités et que je sache, mon école est la seule à adopter ce système et tout ce panel d’options ce qui a contribué à en faire mon choix.
Mais la principale raison est aussi que c’est la seule école qui proposait une formation en business class, soit une classe spécialement réservées aux personnes ayant pour but de trouver un travail au Japon.
De tous les sites d’écoles j’ai choisi celle là pour ça et n’ai jamais regretté. Je vous avais dit l’an dernier que les profs étaient bien, qu’ils étaient réellement à l’écoute des élèves et avaient l’air d’enseigner par plaisir et non pour le salaire à la fin du mois.
Et bien en 15 mois je n’ai jamais changé d’opinion malgré tous les professeurs que j’ai eu (on change à chaque trimestre) et au contraire, je dirai que dans tout mon looooooong parcours scolaire, c’est bien la seule école que j’ai trouvé exemplaire. Une administration plus qu’efficace, à l’écoute, des professeurs qui en plus de vous enseigner réellement quelque chose étaient toujours prêts à aider et soutenir, un suivi régulier et irréprochable…
Non vraiment, j’ai longtemps hésité avant de me lancer dans cette école, car quelque part je trouvais un peu débile de refaire une école de langue japonaise alors que j’avais déjà un master et une année d’échange derrière moi, et aussi parce que la scolarité au Japon coûte un bras (voire les deux) et que ces écoles de langues n’échappent pas à la règle.
Y aller signifiait donc finir mes études vraiment tard et en plus faire un prêt et dire au revoir à mes petites économies.
Choix pas super évident à faire quand tout le monde bosse autour de vous et commence à gagner sa vie, mais que je ne regrette pas au final car je pense que si je ne l’avais pas fait, je ne serais pas où je suis maintenant.
Bon je me retrouve avec mon prêt sur les bras mais… bah je suis une warrior et maintenant que j’ai un travail… encore une année ou deux (ou trois…) de galère et après je deviens Bill Gates.
Quoi que non, je deviens Steve Jobs, Bill Gates c’est has been.
Et donc je tenais tout particulièrement à souligner l’efficacité de cette école et la gentillesse des gens qui y travaillent, car j’adore me plaindre, j’adore critiquer et ENCORE PLUS quand il s’agit d’un établissement scolaire ou d’une administration.
Alors le fait qu’après 15 mois je n’ai absolument rien à y redire tient franchement du miracle (prononcez miracle à l’américaine, ça fait plus sensationnel).
Ah si, y’a un petit truc qui m’a mis la mort mais ce n’était pas tellement la faute de l’école. Moi qui était super motivée pour obtenir une bourse… Pour l’obtenir il fallait soit avoir pour ambition d’entrer dans une université Japonaise après, soit être originaire d’Asie…Et moi, l’université je l’ai assez vue et il me paraissait difficile de me faire passer pour une thaïlandaise donc… pour parler bien, dans le cul la balayette.
Donc voilà, à part ça, c’était vraiment très bien et je remercie vraiment toutes les personnes qui se sont occupées de moi durant ces 15 mois, même sur la fin où j’étais à fond dans ma recherche d’emploi, dormais en cours sous la fatigue et le manque de sommeil, et ne rendais plus mes devoirs, trop occupée avec mes cv. Ils ont continué à m’encourager et au lieu de me faire des remarques sur mes absences, m’ont soutenu de plus belle.
Bref, si quelqu’un est intéressé par une école de langue japonaise, alors je vous la recommande : Tokyo Galaxy Japanese Language School (ou 東京ギャラクシー日本語学校).
Les trois premiers mois je les ai donc passé en classe normale et ils sont passé comme une lettre à la poste, c’est allé très très vite.
Après ces trois premiers mois, j’ai intégré la business class. Il fallait avoir un certain niveau acquis pour pouvoir y entrer et plus de 90% de taux de présence.
Pour la business class seulement, on ne peut pas choisir ses cours des deux dernières heures, ils nous sont imposés et en rapport avec le monde de l’entreprise ou économie japonaise.
J’ai voulu intégrer cette formation car c’était celle qui sans aucun doute m’aiderait le plus dans ma recherche d’emploi… mais j’appréhendais aussi ce moment.
Les trois premiers mois étaient vraiment super cools, les cours « loisirs » aussi super sympas…
Et là, j’avais peur d’intégrer une classe à part, à l’atmosphère un peu plus rigide.
Que des cours en rapport avec l’entreprise, l’économie, les manières au travail… une rigueur plus affirmée concernant les absences, les rendus de devoirs etc. Bien que je n’ai pas payé une telle somme pour glander, le fait d’avoir cette petite ambiance « sérieux» me pesait un peu.
De plus il fallait s’acheter un costume pour la venue de visiteurs ou pour quand nous, nous irions en visite quelque part.
Et puis moi qui avait enfin trouvé une amie (vous vous souvenez de Sumaï ?), en entrant dans cette classe spéciale, on aurait plus aucun cours en commun ni rien.
Bref pour tout dire, j’appréhendais un peu d’y entrer car je sentais que mes trois premiers mois étaient une reprise en douceur et qu’à partir de là, ça allait être plus sérieux.
Je me suis mise dans l’ambiance avant la rentrée et donc après plusieurs années de tests de couleurs en tout genre, j’ai dit adieu à regret à mes précieuses mèches rouges pour revenir à des cheveux noirs…
De toute façon, si je voulais un travail dans une entreprise japonaise, le rouge était tôt ou tard voué à disparaître alors…
Et donc, au deuxième trimestre, c’est limite à reculons que je suis entrée dans cette classe avec la peur d’être encore déçue (traumatisée de mes expériences scolaires où j’ai souvent appris que du vent…) et de m’y ennuyer ferme.
Et finalement ces 6 mois ont été les plus formateurs et les plus rapides de ma vie. J’ai même été profondément triste de revenir en classe normale une fois la formation terminée, voire même trouvé que ça ne me servait plus a rien.
Alors il y’a eu un ou deux cours super prises de têtes notamment sur les rédactions de courriers et les formules toutes prêtes à employer selon saisons, climat etc (que d’ailleurs 9 mois plus tard j’ai complètement oublié… mais j’ai toujours mes fiches d’exemples) mais le reste était très bien.
Déjà ça a été la classe la plus mixée que j’ai eu. Corée, Chine, Taiwan, Thailande, Inde, Malaysie et… Allemagne ! Enfin, c’était une coréenne née et élevée en Allemagne donc elle trompait l’ennemi en se fondant dans la masse, mais voir une coréenne parler Japonais avec l’accent allemand valait le détour, véritable représentation humaine du mot « globalisation ».
Bref, le fait que ce soit un peu plus international que d’habitude a un peu décimé les clans habituels Chine/Corée et ont rendu l’ambiance de la classe nettement plus conviviale.
L’entrée en matière a aussi été sympa.
Premier jour, on nous demande de faire 4 groupes.
Puis ils nous proposent 4 types d’entreprises : Hotels Resort, Agence de Voyage, Restauration et Agence publicitaire.
Chaque groupe choisi le type d’entreprise qu’il veut faire et on tire au sort en cas de choix en commun.
Je voulais être l’agence de voyage, les autres ont accepté de suivre, et mon caprice fut exaucé (que voulez vous, être leader ne s’invente pas… et on devient pas Steve Gates – Bill Jobs ? – en restant en retrait !).
Ensuite on devait choisir nos statuts, une place dans l’entreprise. Le seul garçon du groupe est devenu naturellement le directeur « shachô », une autre voulait être réceptionniste, une autre commerciale… je m’invente directrice marketing (ouais directrice rien que ça, quitte à jouer j’allais pas me faire laveuse de carreaux non plus, aussi noble soit le métier).
Puis notre première tâche fut de trouver un nom pour notre entreprise et lui trouver une spécialité.
Pas trop inspirés, on décide que notre agence sera spécialisé dans les tours Asie-Europe. Et on appelle notre entreprise AYUMI Tour.
Pas pour Ayumi Hamasaki, non…
A pour Asia, YU pour Europe (prononcé à l’anglaise, ça fait yu) et MI pour… mon dieu je ne sais plus !
La sénilité me guette, c’est affligeant…
Pourtant le mi avait aussi sa signification… et bien zut si ça me revient je vous le dirai.
Et donc il fallait aussi inventer un historique de l’entreprise, un profil etc.
Nos premiers devoirs : créer notre carte de visite personnelle et l’envoyer par email à l’adresse de nos professeurs.
(Cette histoire de MI me chiffone, ça ne me revient pas… si l’un de vous trouve ce que c’était en commentaire, je lui offre une brique de lait iodé, pour accompagner les épinards)
On fait donc nos cartes de visites et envoie ça par email.
Le lendemain on continue en douceur. On nous informe qu’à chaque nouvelle recrue dans une entreprise, on se fait sa petite session de jikoshokai (si vous avez oublié ce que c’est, relire ici). Evidemment, le contraire m’aurait étonnée.
Mais dans le monde de l’entreprise, jikoshokailler devient tout un art, y’a certaines phrases à placer, faut se rabaisser un peu en disant qu’on est encore un fruit pas mur dans l’entreprise (traduction littérale merci lol) pis faut parler en courbettes y tout y tout…
On commence donc par retenir ces expressions, on se fait des séances de simulations, ou chacun à notre tour on vient d’entrer dans l’entreprise AYUMI et on se présente à nos collègues.
Et les cours ont commencé comme ça… et sont devenus de plus en plus complexes.
On a appris a répondre au téléphone, les phrases à dire à ne pas dire, puis c’est passé au niveau supérieur, puis supérieur….
Et pour les simulations, et bien comme on était censé avoir quatre entreprises dans la classe, on les faisait interagir.
Jusqu’à créer de véritables histoires. L’hôtel faisait une soirée spéciale et avait besoin d’un restaurateur. Pour les voyages proposés par Ayumi nous avions besoin de trouver des partenaires dans hôtellerie. Le restaurateur avait besoin de publicité et demandait une campagne… L’agence publicitaire voulait organiser un voyage avec le comité de l’entreprise et venait s’adresser à nos services pour qu’on leur propose un truc sur mesure. Etc.
Autant de petites histoires nous permettant de passer de la simple jikoshokai à d’autres situations réelles comme les échanges d’email au sein de l’entreprise, avec des entreprises extérieures, échange de courrier, prise de rendez vous, présentation power point, rédaction de devis, discutages de prix, signature de contrat etc.
Je pense en toute honnêteté qu’on a tout fait.
On avait des budgets de décidés et on se devait de les respecter pour ne pas tomber dans le surréalisme non plus.
On a même simulé des réunions de bureau ou chaque personne présentait son idée, son projet et où on apprenait à débattre en diplomates, contredire son collègue, reprendre son idée et la critiquer avec toute la politesse du monde…
Des petites choses qui peuvent paraître futiles mais qui finalement, peuvent vous permettre de ne pas terminer dame pipi à la Amélie Nothomb quand vous les connaissez.
Lors de nos simulations, notre professeur nous filmait parfois. Chose Ô combien désagréable mais finalement indispensable.
J’étais la première à râler car je ne voulais pas être filmée mais finalement quand j’ai reçu le dvd et du le regarder pour écrire mon rapport dessus, je me suis CHOQUÉE.
J’étais bourrée de tic genre dire « ano » (« heu » en japonais) toutes les 30 secondes, bref un truc immonde et ce petit moment désagréable de mattage de dvd m’a permis de corriger ce vilain défaut.
Et maintenant ça me fait un souvenir…
A savoir que nos cartes de visites nous on servi tout le temps dans la mesure ou nos professeurs les avaient faite imprimer et que comme au Japon la carte de visite c’est limite plus important que le permis de conduire ou la carte d’identité, on a même eu un cours sur les manières à respecter lors de l’échange et on échappait pas au rituel à chaque simulation avec un client potentiel.
On a eu aussi l’apprentissage d’écrit de cv (sachant qu’au Japon un cv s’écrit A LA MAIN, ce qui est on ne peut plus triste) car la manière d’écrire un cv pour un baito et celle pour un vrai travail est évidemment différente, et puis les choses à ne pas dire en entretiens etc.
La chose a été poussée jusqu’à ce qu’on nous demande quelle entreprise on comptait tenter.
Les professeurs se renseignaient sur l’entreprise en question, histoire, activité, rivaux etc… puis on devait leur envoyer notre cv et ils nous convoquaient pour un entretien des plus sérieux et produit dans les conditions d’un véritable entretien. C’est-à-dire le costume de rigueur et l’entrevue avait lieu dans un vrai bureau et non une salle de classe, avec un professeur qu’on avait jamais eu, pour plus de réalisme. Comme ils étaient renseignés sur l’entreprise qu’on visait ils nous posaient toutes les questions pièges possibles.
Bref, ils se sont réellement cassé l’arrière train pour nous préparer un maximum au monde de l’entreprise japonaise et ne pas se faire avoir.
Ils nous ont aussi organisé des visites dans plusieurs entreprises et de nombreux guests sont venus nous voir pour nous donner des conseils et répondre à nos questions : anciens élèves ayant réussi, sorte de pôle emploi spécialisé pour les étrangers et même un avocat venu nous expliquer les histoires de retraites et taxes à payer selon travail, visa etc (mais ça j’avoue que c’était compliqué et que j’ai pas tout compris…).
Ajoutez à cela, à la place des cours options, une formation intensive au 1kyu, STBJ et BJT (je referai un article sur ces examens pour les intéressés) pour avoir un minimum de bagages, ainsi que des cours où on lisait des articles de journaux sur l’économies ou entreprises célèbres, rédaction de dossiers professionnels, mattage d’émission sur diverses compagnies sur un fond de comédie quand même pour pas qu’on fasse une overdose…
Non vraiment j’ai trouvé ça super du début à la fin. Pendant ces 6 mois mon niveau de Japonais à fait un put*in de bon en avant et j’ai réellement eu l’impression de faire quelque chose d’utile pour une fois.
Car parler japonais c’est une chose… mais le japonais d’entreprise et toute la culture qui va avec, c’est pas du tout la même chose.
Au second semestre on pouvait refaire les groupes et changer de type d’entreprise. Cette fois j’ai voulu être l’agence de pub événementiel et on a du créer des events promotionnels à la demande d’un client dans l’agro-alimentaire… Et pareil, en respectant les budgets etc, on a même dû se renseigner auprès de véritables entreprises pour se renseigner sur comment ça se passait et les possibilités, 🙂
Et cette fois, le shachô, c’était moi ! Ça y est, j’étais devenu le big boss de ma boite, OH YEAH. Et en seulement trois mois mesdames et messieurs et avec une réorientation professionnelle de tourisme à publicitaire, qui dit mieux !?
D’ailleurs j’ai viré mon designer au moins 3 fois, il faisait que sécher les cours, le saligaud !
Voila mon pavé concernant l’école en elle-même.
Je vous parlerai un peu plus des gens et des sorties organisées la prochaine fois.
…Et à part ça… j’ai toujours pas retrouvé pour le MI d’Ayumi Tour… Ca reste un MIstère…(ok c’est nul, je vais me coucher)